CFD Formation, centre de formation à Gaillac, m’a confié la conception de son catalogue général.
Le point de départ est un fichier Excel réunissant plus de 300 formations : intitulés, objectifs, durées, tarifs, références, disponibilités et informations de réservation y côtoient dix-sept grands domaines et de nombreuses sous-catégories.
Toutes les données existent. Le catalogue, lui, restait à concevoir.
L’enjeu n’est pas de rendre un tableau plus séduisant, mais de transformer un outil de gestion en un document destiné au public : un catalogue imprimé dans lequel chacun puisse s’orienter, chercher une formation et trouver rapidement l’information utile.
Du fichier de gestion au document public
Un tableau copié-collé reste un tableau.
Un fichier de gestion répond aux besoins de ceux qui le renseignent. Un catalogue public doit répondre à ceux qui le consultent. Cette différence suppose de sélectionner les informations, d’établir une hiérarchie et de construire un parcours de lecture.
Le catalogue final retient quatre données principales :
- le nom de la formation ;
- son objectif ;
- sa durée ;
- son sigle de référence.
Un catalogue sans tarifs
Ce choix répond à la volonté de CFD Formation : orienter les personnes intéressées vers une demande sur le site ou une prise de contact directe.
Il permet également de conserver le catalogue malgré une éventuelle évolution des prix.
Retirer une information n’appauvrit pas nécessairement un document. Cela peut le rendre plus clair, plus durable et mieux adapté à son usage.
Le format vient du contenu
Le format initialement envisagé était un A4 vertical.
Les premières recherches ont rapidement montré ses limites.
Les colonnes nécessaires aux intitulés, aux objectifs, aux durées et aux références auraient été trop étroites.
Les textes se seraient multipliés sur de nombreuses lignes, produisant des tableaux plus hauts et des pages difficiles à équilibrer.
Le format A4 paysage s’est donc imposé.
Les avantages du format horizontal pour ce catalogue
Sa largeur permet d’accorder davantage de place aux objectifs de formation sans réduire excessivement les caractères ni comprimer les autres informations. Ce choix n’est pas un parti pris esthétique : il découle directement des contenus.
En design éditorial, le support ne devrait pas être décidé avant d’avoir observé ce qu’il doit contenir.
Des repères sans bouleverser les habitudes
Les formations sont réparties en dix-sept grands domaines, eux-mêmes divisés en plusieurs rubriques. Certaines parties comptent seulement quelques entrées ; d’autres occupent plusieurs pages.
Les couleurs déjà utilisées par CFD Formation ont été conservées afin de ne pas troubler les habitudes. Elles sont devenues un véritable système de repérage, repris dans :
- le sommaire ;
- les titres de rubrique ;
- les bandeaux supérieurs ;
- les tableaux ;
- les numéros de page.
Des dégradés ton sur ton animent les bandeaux. Ils apportent un peu de vibration sans remettre en question les couleurs existantes ni concurrencer les contenus.
Le sommaire donne une première vision de l’offre. Les pages d’ouverture présentent ensuite les sous-domaines, tandis que la couleur et la pagination permettent de vérifier immédiatement où l’on se trouve.
La couleur n’est donc pas seulement décorative : elle accompagne la navigation.
Un système commun, des pages ajustées
La famille de police de caractères Myriad Pro répond bien au contexte. Ses nombreuses graisses et ses variantes condensées permettent d’établir plusieurs niveaux de lecture tout en conservant une identité typographique stable et accessible.
Les gabarits, les tableaux et les styles de paragraphe ont été préparés en amont, à partir de maquettes de principe validées par le client.
Pour ce projet, ce cadre commun était indispensable, mais il ne pouvait pas résoudre mécaniquement toutes les pages.
Les contenus étant très irréguliers, une rubrique pouvait réunir quelques formations aux objectifs succincts, tandis qu’une autre associait de nombreux intitulés à des descriptions beaucoup plus longues. Certaines tenaient dans une demi-page ; d’autres devaient se déployer sur plusieurs pages.
Chaque tableau a donc été importé manuellement, mis en forme avec les styles préparés, puis ajusté page par page.
Selon les besoins, la composition accueille une ou plusieurs rubriques, des tableaux sur une ou deux colonnes ou l’intégration d’une photographie qui apporte une respiration.
La grille de mise en page assure la continuité, sans imposer une répartition identique à des contenus qui ne le sont pas.
Un système éditorial n’est pas un carcan.
Il établit des règles suffisamment solides pour permettre des adaptations sans perdre la cohérence générale.
Faire tenir l’offre dans un objet raisonnable
Le catalogue devait rester peu encombrant, respecter le budget de fabrication et contenir l’ensemble de l’offre retenue.
Le document final compte 32 pages au format A4 paysage, avec une reliure piquée deux points.
La difficulté consistait à répartir des rubriques de tailles très différentes dans cet espace limité.

Il ne s’agissait pas de remplir chaque blanc à tout prix ni d’accorder arbitrairement le même nombre de pages à chaque domaine.
Il fallait rapprocher certaines rubriques, donner davantage de place aux plus fournies et préserver une lecture fluide à l’échelle du document complet.
Composer un catalogue, c’est aussi effectuer ces arbitrages : déplacer un ensemble, ajuster une colonne ou redistribuer plusieurs tableaux jusqu’à trouver un équilibre acceptable.
Transformer une information disponible en information utilisable
Les contenus ont été relus, corrigés et validés par CFD Formation avant la mise sous presse.
Cette relecture ne donnait aucune liberté de réécriture : elle permettait de vérifier la matière avant de la distribuer et de repérer ce qui pouvait perturber la cohérence du document.
Entre le fichier Excel initial et le catalogue imprimé, les informations n’ont donc pas simplement changé d’apparence.
Elles ont été sélectionnées, hiérarchisées et réparties dans un système de navigation.
Le format, la typographie, les couleurs et les variations de composition répondent au même objectif : permettre au lecteur de chercher et de trouver.
C’est là que se situe le design éditorial.
Il ne consiste pas à faire entrer des tableaux dans un nombre défini de pages, mais à transformer une masse d’informations en un document cohérent, consultable et adapté à son usage.


