Le 5 juillet 2026, La Tuilerie ouvrait ses portes.
Cette journée invitait les visiteurs à découvrir le lieu, ses espaces et les nombreuses pratiques qu’il accueille : concerts, théâtre, danse, fanfares et bandas, temps officiels, rencontres et propositions artistiques.
La communication devait transmettre l’énergie de cette programmation, tout en organisant une quantité importante d’informations.
L’enjeu n’était pas seulement d’annoncer un événement.
Il fallait donner envie d’entrer, de circuler et de comprendre ce qui allait se jouer dans les différents espaces du site.
Faire tenir un lieu et une journée dans une même image
Pour représenter la journée, j’ai choisi de partir du lieu lui-même afin d’illustrer une affiche.
Plutôt que d’additionner des photographies, des pictogrammes ou des blocs de programme, le principe graphique repose sur une vue illustrée du site. Le plan de masse de La Tuilerie devient le support d’une scène vivante, dans laquelle les bâtiments, les artistes et les publics cohabitent.
Le dessin permet de montrer simultanément plusieurs moments de la journée : les concerts, le théâtre, la danse, les instruments, les fanfares, les espaces de rencontre et les visiteurs qui circulent.
L’image ne raconte pas une scène unique.
Elle donne à voir un lieu en mouvement.
Le plan masse comme point de départ
Le plan du site constitue la structure de l’illustration.
Les bâtiments, les circulations et les espaces extérieurs restent reconnaissables, mais leur représentation s’éloigne volontairement du plan technique. Les volumes sont simplifiés et les usages prennent progressivement place dans la parcelle.
Cette base permet de conserver un lien réel avec La Tuilerie tout en ouvrant un espace plus narratif.
Le plan n’est plus seulement un outil pour se repérer. Il devient un terrain d’exploration.
Chaque zone accueille une scène, un groupe ou une action.
Le regard peut circuler dans l’image, s’arrêter sur un détail, reconnaître un instrument ou découvrir l’une des mascottes cachées dans le décor.
L’affiche emprunte ainsi quelque chose au principe du « cherche-trouve » :
elle transmet des informations, mais laisse aussi une place à l’observation et à la curiosité.
Dessiner les usages plutôt que les énumérer
La programmation de la journée était particulièrement dense.
La traduire uniquement sous forme de liste aurait donné une vision très fragmentée de l’événement.
Le dessin permet au contraire de rassembler les pratiques dans un même espace, sans les hiérarchiser par leur notoriété ou leur importance supposée.
Un orchestre, une lecture théâtrale, une fanfare, des danseurs ou un temps de rencontre participent tous à la vie du lieu.
Chaque proposition trouve sa place dans l’image et contribue à construire l’atmosphère générale.
Cette représentation correspond à la vocation de La Tuilerie d’accueillir des pratiques, des publics et des échelles de projets différents dans un espace commun.
Une image construite par le trait

L’illustration a d’abord été travaillée au crayon, sur papier calque,
à partir du plan masse et des différents éléments du programme.

Les personnages, les instruments
et les scènes ont ensuite été repris manuellement au feutre fin,
avant d’être numérisés, vectorisés et mis en couleur.

Ce passage par le dessin permet de conserver une certaine irrégularité : des gestes, des attitudes et des détails qui donnent une présence humaine à l’ensemble.
Le trait ne cherche pas à produire une représentation parfaitement réaliste.
Il rend les actions immédiatement compréhensibles et relie les différentes scènes entre elles.
Les hachures, les trames et les aplats colorés donnent de la profondeur à l’image tout en l’inscrivant dans le langage visuel de La Tuilerie.
Organiser les différents niveaux d’information

L’affiche devait conserver un impact immédiat : le nom de l’événement, la date, le lieu, la gratuité et l’esprit de la journée devaient pouvoir être compris rapidement.

Le détail de la programmation trouvait davantage sa place sur le flyer.
Le recto reprend l’univers de l’affiche et installe l’événement. Le verso organise les horaires, les rendez-vous, les propositions en continu et les informations pratiques.
La hiérarchie typographique, les couleurs et les modules graphiques permettent de distinguer les différents niveaux de lecture sans séparer artificiellement les contenus.
L’affiche donne l’élan.
Le flyer accompagne la journée.
Adapter l’illustration aux différents supports
Le visuel a été conçu pour être décliné sur plusieurs formats imprimés et numériques : affiche, flyer, panneaux d’affichage et publications destinées aux réseaux sociaux.
Chaque support possède ses propres contraintes.
Une affiche doit être comprise à distance.
Un flyer peut accueillir davantage de détails.
Un panneau numérique impose un temps de lecture court et une composition adaptée à l’écran.
Il ne s’agit donc pas simplement de réduire ou d’agrandir la même image.
Les cadrages, la place des textes et l’échelle des éléments doivent être ajustés pour préserver la lisibilité et l’intention initiale.
Le dessin constitue le fil conducteur. La composition s’adapte à l’usage.
Une identité désormais habitée
La journée portes ouvertes a permis à l’identité de La Tuilerie de quitter les pages de sa charte pour entrer pleinement dans le lieu.
Le logo, les couleurs, les formes et les mascottes ne sont plus seulement les éléments d’un système graphique.
Ils commencent à accompagner des usages, des événements et des publics.
L’illustration prolonge cette identité sans la détourner.
Elle lui apporte un registre plus vivant, capable de raconter une journée collective tout en conservant la structure et les repères du lieu.
Une identité visuelle commence réellement à exister lorsqu’elle peut accueillir ce qui n’était pas encore prévu au moment de sa création.
Ici, elle devient un espace dans lequel les pratiques se rencontrent, les publics circulent et La Tuilerie prend vie.
