Une identité visuelle façonnée par le lieu
Commandée par la Communauté de communes du Limouxin, l’identité visuelle de La Tuilerie accompagne la naissance d’un lieu réunissant plusieurs fonctions, pratiques et publics.
Direction artistique, création du logo, charte graphique et conception du système de communication ont été pensées à partir du lieu, de son architecture et de son histoire industrielle.

L’ancienne friche a été réhabilitée par l’agence d’architecture Ferrier Marchetti Studio.
C’est, aujourd’hui, un ensemble au service de la culture et du rayonnement du territoire.
Les lignes épurées et brutes laissent vivre les traces du passé et orientent les espaces vers l’ouverture, la diffusion et le partage.
La transparence de la résille de tuiles rythme les extérieurs, créant des lignes et des ombres qui dynamisent tout le lieu.
Pour un équipement culturel, l’enjeu n’est pas seulement d’être reconnaissable.
Il est d’être juste : ancré dans son territoire, accessible à tous et suffisamment souple pour accompagner une programmation multiple, des initiatives locales aux formations à rayonnement national ou international.
L’identité de La Tuilerie s’est construite autour d’un fil directeur simple :
La matière raconte.
La forme rassemble.
Donner une identité commune à un lieu pluriel
La Tuilerie est implantée sur un ancien site industriel de la ville de Limoux, dans l’Aude.
Ce pôle culturel accueille des concerts, du théâtre, du cinéma, de la danse, des festivals, des événements institutionnels, des enseignements artistiques et des temps de rencontre.
L’identité devait permettre de relier cette diversité sans l’uniformiser.
Elle devait être :
- identifiable et durable ;
- liée à l’histoire et à l’architecture du site ;
- adaptée aux supports institutionnels comme événementiels ;
- capable d’accueillir des univers artistiques très différents ;
- suffisamment structurée pour rester cohérente dans le temps ;
- facilement déclinable sur les supports imprimés et numériques.
L’objectif n’était donc pas seulement de créer un logo, mais de construire un véritable système de communication.
Une identité façonnée par la matière
Le projet s’appuie sur l’histoire industrielle du site sans chercher à la reconstituer de manière nostalgique.
La terre, la tuile, le geste de fabrication, l’assemblage et la transformation deviennent les premières matières du langage graphique.
L’identité ne reproduit pas littéralement l’architecture.
Elle en traduit les principes : répétition des modules, rythme, superposition, structure et circulation.
Cette approche permet d’ancrer La Tuilerie dans son histoire tout en lui donnant une expression contemporaine, adaptée à un lieu culturel vivant.
Le symbole : structure, rythme et mémoire du lieu

Le symbole est composé de trois blocs verticaux.
Son écriture volontairement épurée lui permet de fonctionner en petit comme en grand, en couleur comme en monochrome, sur des documents institutionnels, des supports événementiels, des écrans ou de la signalétique.
Ces trois blocs peuvent se lire à plusieurs niveaux.
La matière et le bâti
Ils évoquent la tuile, la terre et les éléments assemblés pour construire.
Le signe renvoie au geste de fabrication : façonner, répéter, juxtaposer, bâtir.
Le rythme
Les trois blocs forment trois appuis, presque trois battements.
Cette cadence visuelle introduit une relation avec le spectacle vivant, la musique et l’événementiel.
Le repère
Le symbole agit comme un totem simple, stable et mémorisable.
Il donne au lieu un signe immédiatement identifiable, sans recourir à un pictogramme culturel générique.
Un dialogue avec l’architecture

Le signe entretient un lien direct avec le bardage du bâtiment, ses lames, ses modules et ses répétitions.
Les cinq lignes qui composent son socle évoquent à la fois un fragment de façade et, plus discrètement, une portée musicale.
Le nom est traité en simple écriture capitale mono, rappelant l’enseigne posée sur le bardage du bâtiment.
Le logo devient ainsi un morceau de matière prélevé dans le lieu : un signe qui ne pourrait pas être posé indifféremment sur un autre équipement culturel.
Il appartient à La Tuilerie.
« Territoire façonné / Culture vivante »
La signature complète le logo en exprimant la tension fondatrice du projet.
Territoire façonné
Le mot façonné
renvoie au travail de la matière,
à la terre, à la fabrication
et aux savoir-faire.
Le territoire
n’est pas envisagé
comme un simple décor.
Il constitue un socle fait de mémoire,
de gestes, d’activités
et d’histoires partagées.
Il est à la fois hérité
et continuellement
transformé.
Le slash comme articulation
Le signe « / »
ne sépare pas les deux propositions.
Il les relie.
Il met en dialogue
ce qui est construit,
ancré et transmis,
ce qui est en mouvement
et en renouvellement
permanent.
Culture vivante
Le mot vivante
introduit le mouvement,
la présence, l’émotion
et la rencontre.
La culture n’est pas figée.
Elle circule, se transmet,
évolue et se réinvente
au contact des artistes
et des publics.
La signature résume ainsi la vocation du lieu :
faire vivre la création contemporaine au sein d’un territoire façonné par son histoire.
Les ondes : faire vibrer l’identité
Autour du logo, un motif composé de cercles concentriques apporte du mouvement et de la souplesse.

Les ondes évoquent :
- le son, la voix et la musique ;
- la vibration du spectacle vivant ;
- la résonance d’un événement ;
- la diffusion d’une programmation ;
- le rayonnement du lieu au-delà du territoire.
Elles créent un contrepoint au caractère construit et stable du logo.
Le motif peut rester discret sur un document institutionnel ou devenir plus expressif sur une affiche, un programme ou un support événementiel.
Le motif d’ondes apporte une matière graphique modulable sans remettre en cause la reconnaissance de l’identité.
Des couleurs pour organiser la programmation
La palette principale reprend les tonalités de la terre, de la tuile et du bâtiment.
Elle est complétée par une gamme de couleurs secondaires associées aux différentes familles de programmation.
Ces couleurs ne sont pas utilisées comme un simple registre décoratif. Elles constituent un outil de repérage.
Employées en fond, en bandeau, en tuile ou en détail, elles permettent :
- d’identifier plus facilement le type d’événement ;
- de structurer les informations ;
- de créer des variations entre les supports ;
- de conserver une cohérence malgré la diversité des contenus.
L’objectif n’est pas de produire une communication multicolore, mais de mettre en place une signalétique visuelle douce et immédiatement compréhensible.
Deux registres de communication
Le système distingue clairement les événements directement portés par La Tuilerie des propositions artistiques qu’elle accueille.
Cette différence permet de préciser qui parle, dans quel rôle et avec quel niveau d’expression graphique.
La Tuilerie s’exprime
Pour les événements qu’elle conçoit
et organise directement,
La Tuilerie prend la parole en son nom.
L’identité de La Tuilerie
peut alors s’exprimer pleinement,
avec son propre ton,
son univers graphique
et un bloc institutionnel associant
La Tuilerie à la Communauté de communes du Limouxin.
Dans ce premier registre,
La Tuilerie est l’émettrice du message.
La Tuilerie présente
Pour les concerts, spectacles, festivals,
compagnies ou formations accueillies,
La Tuilerie devient un cadre de présentation.
Les modules en forme de tuile
structurent les titres et les informations.
Le logo compact permet d’identifier
le lieu sans concurrencer l’artiste
ou la structure invitée.
Les fonds colorés des titres
signalent les familles d’événements,
tandis que les visuels propres
aux programmations accueillies
conservent leur singularité.
Dans ce second registre,
La Tuilerie organise la rencontre
et garantit la cohérence d’ensemble.
Une présence équitable pour les artistes accueillis
Les images fournies par les artistes et les structures peuvent être très différentes par leur style, leur qualité, leur cadrage ou leurs moyens de production.
Un traitement ocre commun permet de les intégrer dans l’univers de La Tuilerie sans les uniformiser totalement.

Ce principe remplit plusieurs fonctions :
- relier des visuels d’origines très diverses ;
- limiter les ruptures graphiques entre les supports ;
- maintenir la présence identifiable de La Tuilerie ;
- accorder une place équilibrée à chaque proposition.
Qu’il s’agisse d’une institution nationale, d’une compagnie reconnue ou d’une association locale, chacune bénéficie d’un même cadre de présentation.
La notoriété ou la puissance de communication de la structure accueillie ne détermine pas sa place symbolique dans la programmation.
L’identité de La Tuilerie n’efface pas les singularités.
Elle leur offre un espace commun dans lequel elles peuvent cohabiter sans se mettre en concurrence.
Teula, Tily et Tégula : un registre plus chaleureux
L’identité comprend également trois mascottes inspirées de la tuile romaine et de l’idée de module : Teula, Tily et Tégula.
Elles introduisent un registre plus ludique et plus narratif, sans dénaturer la dimension institutionnelle du lieu.

Elles peuvent notamment être utilisées pour :
- les supports d’accueil ;
- la médiation et les actions jeunesse ;
- la signalétique pratique ;
- les réseaux sociaux ;
- les informations, consignes ou invitations.
Les mascottes prolongent le vocabulaire du logo tout en lui donnant une présence plus incarnée.
Elles permettent à La Tuilerie d’adapter son ton selon les publics et les contextes, sans changer d’identité.
Penser l’identité comme un espace
Mon parcours en architecture intérieure nourrit directement ma manière d’aborder la direction artistique.
Je pense une identité visuelle comme un espace à organiser : une structure globale, des circulations du regard, des respirations, des seuils et une hiérarchie permettant à chaque élément de trouver sa juste place.
Pour La Tuilerie, cette approche a permis de construire un système capable de relier des usages, des publics et des identités très différents, sans les confondre ni les mettre en concurrence.
La grille devient une structure. Les blancs créent les respirations. Les tuiles accueillent les informations. Les couleurs orientent. Les différents registres de communication définissent la place de chacun.
Une identité conçue pour vivre
Le système a été décliné sur différents supports :
- charte graphique ;
- papeterie et documents institutionnels ;
- dossier de presse ;
- chemise de présentation ;
- livrets et programmes ;
- affiches et flyers ;
- kakémonos ;
- signatures électroniques ;
- réseaux sociaux ;
- supports numériques et événementiels.
Le trio formé par le logo, les ondes et les mascottes permet à l’identité d’être à la fois :
- solide, pour les usages institutionnels ;
- souple, pour la programmation culturelle et événementielle ;
- accueillante, pour les publics et les usages de médiation.
L’objectif n’est pas de produire des supports identiques, mais de rendre possible une diversité maîtrisée.
Les images, les compositions et les couleurs peuvent varier.
La structure, la hiérarchie et la posture de La Tuilerie restent reconnaissables.
Une identité pensée pour accompagner durablement le lieu,
ses équipes, ses programmations et son rayonnement.



